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[_borders/tracksedo.htm]De: Mariama Nianthio Ndiaye
Date: 10/03/2005
Heure: 17:39:46
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Réduction de la disparité femme urbaine - femme rurale
La tenue de la journée du 8 mars, la journée internationale des femmes, dans plusieurs pays du monde, est l’occasion pour les organismes de promotion de la femme, de la société civile, des associations féminines et des ministères, de mener plusieurs séances de travail procédant à la revue des problématiques de développement de la femme et des stratégies à mener en leur faveur , afin de réduire les disparités hommes-femmes. Le jargon utilisé est communément appelé approche genre. Le genre est perçu globalement sous l’angle de rapport hommes/femmes, en terme d’égalité des sexes, d’accès au pouvoir et politique, alors que la dimension de cette approche au-delà de la relation homme/ femmes, se penche sur les disparités femmes/femmes. Citons des exemples d’inégalités : femme instruite/femme analphabète, femme au pouvoir/femme dominée, femme au travail/femme au foyer, femme rurale/femme urbaine, Exemples qui peuvent engendrer des incidences négatives dans les rapports entre femmes. Cette inégalité est plus marquée dans nos pays africains entre la femme rurale et la femme urbaine. S’il est vrai que cette dernière n’est pas exempte des tâches domestiques et doit souvent les concilier à des activités professionnelles, il est toutefois notable que le niveau de développement des infrastructures de bases, lui permet d’avoir accès aux moyens et d’évoluer sans être confronté à la dureté des travaux domestiques. La femme rurale, quant à elle, utilise sa force motrice pour accomplir ces travaux ; sans oublier que l’accès aux services sociaux de base, à la formation, à la santé, à l’information , aux crédits lui est difficile. En outre sa participation aux instances de décisions et à la vie politique est presque inexistante. Toute chose égale par ailleurs, la condition de vie et le mode de vie de la femme urbaine et de loin supérieure à celle de la femme rurale, dans nos pays africains. Au Sénégal la situation particulière de la femme du monde rurale fait ressortir cette grande disparité. Pour la femme rurale la charge de travail quotidienne entrave son indépendance économique et sa participation aux sphères de décisions. L’inégal accès aux moyens de production se traduit par la non possession de la terre. La faiblesse d’accès aux ressources financières notamment le crédit limite l’initiative économique. Pour illustrer nous nous permettons de citer un exemple réel, vécu dans le Saloum . A Ndiba Ndiayène village du Saloum situé dans la communauté rurale de Médina Sabakh à 14 km de Nioro, dans la région de Kaolack, aux premières lueurs du jour, la cadence des pilons annonce le début d’une journée chargées pour les femmes avec un temps de travail variant de 13h à 17h suivant les saisons. Elles usent de leur force pour accomplir des activités, telles que la corvée d’exhaure de l’eau , la collecte et le transport de bois de chauffe , l’obligation de porter ces lourdes charges sur des distances grandes sous le chaud soleil qui détériorent leur santé. Ce travail domestique non rémunéré leur laisse peu de temps pour d’autres activités génératrices de revenus. Par ailleurs lors des conseils, elles participent exceptionnellement ou pas du tout aux décisions cruciales prises au « penth » ou place du village sur la gestion de la communauté; de toute façon leurs avis ne seraient tenus en considérations par les notables. A Ndiba-Ndiayène même si les femmes possèdent peu de terres cultivable, elles participent aux travaux champêtres du « chef de carré », qui après la récolte lui fourni le stock de céréale annuel pour les repas, et tous les condiments sont à sa charge (suivant une réalité sociologique de certains village du Saloum). Au Sénégal Il y a tant d’exemple à citer que nous ne nous risquerons d’être exhaustif. A l’instar des femmes de Ndiba, la charge de travail pénible qui s’accroît au rythme des saisons, la non participation à la vie économique et politique sont les lots quotidiens de la majorité des femmes du monde rural. Comment faire pour alléger pour alléger le travail de la femme rurale ? Comment faire pour réduire les disparités entre la femme urbaine et rurale ? Autant de questions auxquelles devraient répondre gouvernements, collectivités locales, ONG, syndicats, associations des femmes, partis politiques, mouvements associatifs, à l’occasion des séances de travail de la journée du 08 mars et au quotidien. Les acteurs de développement s’accordent aujourd’hui sur la pertinence de la participation pleine et entière de la femme rurale, d'où la nécessité de promouvoir cette participation. La promotion de la femme dans le processus du développement n'est pas seulement un problème d'équité mais surtout une nécessité. La participation de la femme rurale au développement pourrait être possible lorsque celle-ci constatera que son travail est allégé et valorisé. Cela lui permettra en premier lieu de se consacrer à des activités génératrices de revenus, en deuxième lieu d’obtenir une reconnaissance économique et sociale, et en dernier lieu de sortir du piège disparité « femme urbaine/femme rurale ». Il serait judicieux, pour le Sénégal, que les partenaires au développement, mettent en œuvre des stratégies adéquates de manière générales pour une amélioration politique, économique et sociale des conditions de la femme rurale, et de manière spécifique de réduire la disparité femme rurale/femme urbaine avec l’allégement de son temps de travail, le développement de son leadership, la facilitation de l’accès au crédit et à la formation, l’implantation d’infrastructures socio-économiques. Et ceci, afin que la femme de Ndiba Ndiaye, de Pékesse, de Djiguimar, de Médina Sabakh, de Firguie, keur Ayib, et celle de tant d’autres villages prenne elle-même en main son destin et que cette disparité femme urbaine/femme rurale, accentuée par la paupérisation du monde rural qui hypothèque son épanouissement culturel, psychologique et professionnelle, disparaisse à jamais. Et là son statut réel sera pris en compte par tous. Le concept de la plate-forme multifonctionnelle conçue par l’organisation des Nations Unies pour le développement (ONUDI), un outil de développement permettant aux femmes rurales d’avoir accès aux services communautaires et la possibilité de développer des micros entreprises déjà adopté dans plusieurs pays du Sahel et même au Sénégal, gagnerait a être vulgarisé et appliqué pour l’allégement des travaux domestiques dans l’ensemble les communautés rurales du pays. Les OMD Objectifs de Développement du Millénaire n’avancent-ils pas le postulat suivant : La réduction de la pauvreté de la femme rurale se fera avec l’allégement de la charge de travail. Grâce au gain de temps et d’énergie les femmes se consacreront à des activités économiques, entraînant une augmentation et une diversification des revenus. En ce 8 mars, au-delà des revendications récurrentes d’égalité homme-femme, il est plus que nécessaire de se pencher sur les disparités entre femmes , qui constituent une réalité visibles au sein de nos sociétés. Dakar, le 08 mars 2005 Mariama Nianthio Ndiaye Médiateur Pédagogique nianthio@hotmail.com